Les lunettes : que dit réellement l'expertise ?

Analyse des expertises réalisées sur les lunettes retrouvées après la disparition de Delphine Jubillar.

👓 Contexte

Les lunettes de Delphine Jubillar constituent l'un des principaux éléments matériels du dossier. Retrouvées brisées au domicile familial, elles sont présentées par l'accusation comme un indice compatible avec une scène de violence survenue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020.

La défense estime au contraire que leur état ne permet pas d'établir avec certitude les circonstances de leur détérioration, rappelant notamment que la monture présentait déjà plusieurs fragilités avant la disparition.

Les lunettes retrouvées au domicile de Delphine Jubillar.

Figure 1 — Les lunettes retrouvées au domicile le 16 décembre 2020.

📍 Une découverte en plusieurs temps

Les premiers éléments de la paire sont retrouvés dès le 16 décembre 2020 sur le bar de la cuisine :

  • la monture ;
  • le verre droit ;
  • la branche droite.

Le 6 janvier 2021, lors d'une nouvelle inspection du domicile, les enquêteurs découvrent la branche gauche coincée entre le canapé et le mur.

Cette localisation attire rapidement l'attention, car elle se situe à proximité de l'endroit où Louis décrira plus tard une altercation entre ses parents.

Branche des lunettes retrouvée derrière le canapé.

Figure 2 — La branche gauche retrouvée derrière le canapé le 6 janvier 2021.

🔬 L'expertise de la DGA

Une expertise est confiée à un spécialiste de la Direction générale de l'armement afin d'évaluer les dommages subis par la monture.

L'expert relève notamment plusieurs défauts préexistants :

  • une ancienne réparation au niveau du cercle droit ;
  • un éclat de matière déjà manquant ;
  • une monture présentant déjà des signes d'usure.
Extrait du rapport de la DGA montrant l'état initial de la monture.

Figure 3 — Extrait du rapport d'expertise de la DGA présentant l'état initial de la monture.

Malgré ces fragilités, les essais réalisés concluent qu'un effort dynamique important, évalué à environ 83 joules, est nécessaire pour produire des dommages comparables.

⚖️ Ce que conclut l'expertise

  • Les lunettes ont subi un choc important.
  • Elles étaient devenues totalement inutilisables.
  • Les dommages sont compatibles avec un effort dynamique.
  • Une simple chute au sol ou le fait de s'asseoir dessus sont jugés incompatibles avec les dégâts observés.

⚔️ Les débats au procès

Pour l'accusation, les lunettes constituent un indice matériel compatible avec une scène de violence survenue dans le salon.

La défense rappelle que la monture était déjà fragilisée et critique la méthodologie employée, estimant notamment que les essais réalisés sur des montures neuves ne reproduisent pas exactement l'état des lunettes de Delphine.

Les analyses ADN n'ont révélé que deux profils génétiques : celui de Delphine Jubillar et celui de Cédric Jubillar.

✅ À retenir

Les expertises établissent que les lunettes ont subi un choc important et qu'elles étaient devenues inutilisables.

En revanche, elles ne permettent pas de déterminer avec certitude le moment où elles ont été cassées, la personne responsable de leur détérioration, ni les circonstances exactes ayant conduit à leur rupture.

📚 Sources

  • Rapport d'expertise de la Direction générale de l'armement (DGA).
  • Débats devant la cour d'assises du Tarn.
  • Photographies judiciaires versées au dossier.
  • Documents de travail de La Voix des Faits.

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